RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES SUR BEJA: SOMMAIRE

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 3. PLUTARQUE
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 5. Procope
 
6. Al-Bakri
 7. Al-Idrissi
 8. Mohamed El Abdery
 9. Léon L'AFRICAIN
 10.
MARMOL
11. Pierre d'AVITY
12. Laurent d'ARVIEUX
13. Thomas SHAW
14. Morcelli
15. Jean-André PEYSSONNEL

16. Henri DUNANT
17. Victor GUERIN
18. Albert de LA BERGE
19. le capitaine VINCENT (1883)
20. Henri SALADIN
21. René CAGNAT (1888)
22. René CAGNAT (1901)
23. René CAGNAT (1887)

24. Charles DIEHL
25. Edouard CHARTON
26. A. L. FROTHINGHAM Jr

27. Emile VIOLARD
28. Le capitaine Vincent
29. Elisée Reclus
30. Stéphane GSELL
31. Abbé Bonjean
32. Abbé NEU

33. Ammar MAHJOUBI
34. F. BONNIARD

26. Arthur Lincoln FROTHINGHAM Jr (1859 - 1923)
Revue archéologique: juil.-déc. 1905 (4e sér., t. VI)

DE LA VERITABLE SIGNIFICATION DES MONUMENTS ROMAINS
qu'on appelle « ARCS DE TRIOMPHES»

En étudiant les monuments commémoratifs appelés communément : arcs de triomphe, on s'est contenté d'en dresser une liste comprenant à peu près cent vingt cinq de ces monuments, quand on aurait pu augmenter ce chiffre jusqu'à un total d'à peu près cinq cents, comme je l'ai montré dans une liste publiée il y a quelques mois et à laquelle j'ai fait dedpuis beaucoup d'additions. C'est seulement lorsqu'on a pris pour base d'étude une statistique de cette étendue, qu'on l'a complété par l'étude de la numismatique et de la littérature, et qu'on a aussi dépouillé complètement les recueils d'inscriptions, qu'on arrive à voir qu'il n'y a presque pas de ville dans les limites du monde romain qui n'ait possédé au moins un de ces arcs. C'est le cas de dire que l'arc a suivi le drapeau, que partout où l'on a planté l'aigle romaine, l'arc a surgi. En Italie, en Gaule, en Espagne, en Germanie, dans les Provinces Danubiennes et Adriatiques, en Asie Mineure, en Syrie, dans l'Afrique du Nord, partout on les trouve parmi les ruines de villes romaines. Leurs attiques ou leurs frises portaient des inscriptions monumentales qui forment une des séries les plus remarquables du Corpus; sur leurs plate-formes se dressaient des groupes importants de statues.
Mais pourquoi cette diffusion? S'agit-il d'une simple question d'architecture, de décoration urbaine, ou se trouve-t-on en présence de monuments qui ont une signification spéciale, politique ou religieuse, et qui forment une partie intégrante de la vie romaine?
Ce que j'en dirai ici est le résumé d'un chapitre du volume que je prépare sur les Arcs romans, dont je publierai une espèce de Corpus. Pour indiquer en deux mots mon point de vue, je citerai tout simplement trois inscriptions sur des arc d'Afrique:

1. Celle de l'arc de VAGA où on lit: Colonia deducta arcum fecit, où le proconsul déclare que quand il fonda la colonie il construit l'arc;
2. Celle d'UZAPPA pù on lit une dédicace: Genio civitas Uzappae, qui  consacre l'arc au Génie de la ville;
3. Celle de CILLIUM, où on lit que sur l'arc il y avait les insignia coloniae; les ornamenta libertatis, les vetera civitas insignia, c'est à dire que l'arc portait les emblèmes sculptés de la ville.
Ma thèse ferait donc de l'arc commémoratif d'une ville romaine un monument civique local, et non un monument impérial proprement dit, élevé à la gloire d'un empereur.

...

L'exemple que j'ai cité, de Vaga dans l'Afrique du Nord, en donne la preuve d'une manière très claire. L'inscription est une dédicace de l'année 209; le gouverneur militaire de la province, Flavius Decimus, y déclare comment, sur l'ordre de l'empereur Septime Sévère, il vient de fonder cette colonie de Vaga appelée Septimia en l'honneur du prince. L'arc fut aussitôt construit pour être le témoin monumental de la fondation: colonia deducta arcum fecit; on sait que la colonie deducta, formée de vétérans des légions, était la plus priviligiée des colonies.

...

Maintenant, où plaçait-on cet arc communal? Etait-ce au hasard, ou y avait-il une position unique, reconnue et à laquelle une signification spéciale s'attachait? A première vue, cette question pourrait paraître d'une importance bien secondaire. Mais, tout au contraire, la réponse qu'elle comporte nous expliquera, non seulement comment les arcs des provinces ont leur prototype à Rome, mais l'origine politique et religieuse de ces monuments.
Il y a des cas où l'arc se trouve à l'entrée du Forum? par exemple à Corinthe. Mais, en général, les arcs commémoratifs ou arcs d'entrée placés aux abords du Forum, comme à Pompéi, ne sont pas - je l'expliquerai plus loin - des arcs communaux.
arc communal était, le plus ordinairement, à cheval sur la grande route, au point où elle allait pénétrer en ville. C'est pour cette raison que l'on confond souvent l'arc avec une porte de la ville. Cela est d'autant plus facile que, pendant toute la grande époque impériale, les villes romaines n'étaient pas fortifiées. C'étaient des villes ouvertes; c'est seulement au temps des invasions barbares que l'on a recommencé à les fortifier. L'arc se plaçait en règle générale, exactement sur la ligne du pomoerium d'une colonie romaine. On sait que lorsqu'une colonie romaine se fondait, le prêtre, chargé de la consecration de l'emplacement, en traçait la limite avec une charrue et que cette ligne sacrée s'appelait le pomoerium. Cette ligne ne correspondait pas ordinairement à celle des murs.