RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES SUR BEJA: SOMMAIRE

  1. SALLUSTE
 2. PLINE
 3. PLUTARQUE
 4. Silius Italicus
 5. Procope
 
6. Al-Bakri
 7. Al-Idrissi
 8. Mohamed El Abdery
 9. Léon L'AFRICAIN
 10.
MARMOL
11. Pierre d'AVITY
12. Laurent d'ARVIEUX
13. Thomas SHAW
14. Morcelli
15. Jean-André PEYSSONNEL

16. Henri DUNANT
17. Victor GUERIN
18. Albert de LA BERGE
19. le capitaine VINCENT (1883)
20. Henri SALADIN
21. René CAGNAT (1888)
22. René CAGNAT (1901)
23. René CAGNAT (1887)

24. Charles DIEHL
25. Edouard CHARTON
26. A. L. FROTHINGHAM Jr

27. Emile VIOLARD
28. Le capitaine Vincent
29. Elisée Reclus
30. Stéphane GSELL
31. Abbé Bonjean
32. Abbé NEU

33. Ammar MAHJOUBI
34. F. BONNIARD

27. Emile VIOLARD
Titre : La Tunisie du Nord. Le Contrôle civil de Béja
Publication: Tunis – 1905

LES ROMAINS
De même que dans la vallée de Bagarda, les vestiges romains jonchent le sol du caïda de Béja; non seulement on en rencontre dans la plaine, mais aussi dans les massifs montagneux des Amdoun et des Nefza.

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La fondation de Vaga (Béja) remonte à la période carthaginoise. Les fouilles faites par le capitaine Vincent, chef de l'Annexe de Béja en 1884, sur l'emplacement du camp ont mis à jour cent cinquante tombeaux qui semblent appartenir à l'époque punique.
Ce n'est qu'au commencement de la guerre contre Jugurtha que nous voyons apparaître dans l'histoire le nom de Vaga ou Vacca. Salluste nous apprend que la cité numide Vaga était renommée par sa richesse et son commerce; située au centre d'une contrée essentiellement agricole, traversée par de nombreux cours d'eau et sillonnée par de grandes voies de communication. Vaga devait nécessairement attirer l'attention du conquérant. Metellus y mit des approvisionnements et une garnison qui fut massacrée à l'instigation de Jugurtha, en l'an 108 av. J.-C. On a lu les pages émouvantes dans lesquelles l'historien romain raconte la révolte des habitants de Vaga, le massacre des légionnaires et la fuite honteuse de Turpilus, commandant de la place.
Vaga ne jouit pas longtemps de son triomphe. Metellus, apprenant cette nouvelle, quitte Tisiduum (près de Mateur), où il avait établi son quartier d'hiver, et arrive sur Vaga à marches forcées. Il livre la ville rebelle au pillage et immole, sans distinction de sexe et d'âge, la population numide aux mânes de ses soldats.
Après quelques année de calme, pendant lesquelles Vaga peut se relever de ses désastres, nous la voyons encore pillée par Juba (50 ans av. J.-C.). Enfin, avec l'ère chrétienne, elle reprit son rang. Des inscriptions datant des premiers siècles lui donnent le nom de Septimia Vaga.
La période vandale survint et, avec elle, l'ère des persécutions, du pillage et des incendies. Vaga fut rasée par Genséric (448 av. J.-C.); Justinien la releva de ses ruines (527 av. J.-C.) et elle prit le titre de Theodorias, en l'honneur de l'impératrice. Les remparts que l'on voit encore aujourd'hui ont été construits, en certains endroits, sur les murs romains; les fouilles exécutées près de Bab-el-Aïn ne laissent aucun doute à ce sujet.

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A partir du XIe siècle, nous ne trouvons plus trace de Béja dans les différents auteurs qui ont écrit sur l'Afrique. Cette ville a dû, ainsi que ses voisines, passer par différentes périodes de paix et de guerre avant de tomber dans la décadence où nous l'avons trouvée.

Le capitaine Vincent, qui tint garnison à Béja peu après l'entrée de nos troupes dans la Régence, en donne la description suivante:
« Béja est un amas de ruines sales et obscures, de maisons sombres, puantes, où sont entassés pêle-mêle gens et animaux. La ville actuelle comprend deux partie distinctes: la ville haute, entourée de l'ancienne enceinte, et qui est l'antique Vaga; la ville basse, moderne, bâtie par les Arabes et les Juifs, avec des matériaux pris dans l'ancienne cité. Le tout est entouré d'une espèce d'enceinte en mauvaise maçonnerie, percée de six portes. La kasba, ancien oppidum, est à deux cent cinquante-cinq mètres d'altitude; la ville se trouve en-dessous, à deux cent douze mètres seulement; ça et là, on rencontre des stèles funéraires, des fragments d'inscriptions, le tout plus ou moins mutilé et attestant les scènes de pillage et de dévastation par lesquelles Béja a dû passer.
La vieille ville est restée purement arabe; elle possède un cachet d'indigénat que l'on rencontre rarement ailleurs. Bâtie en amphithéâtre sur les pentes de la colline que couronne la kasba, les masures semblent crouler les unes sur les autres et un certain nombre d'entre elles sont encastrées dans les anciens remparts byzantins, dont une partie subsiste encore; vingt-trois tours la flanquent, et sur les murs des habitations misérables où se blottissent les petites industries de cette ruche bourdonnante, on relève de nombreuses inscriptions.
Une seule partie des remparts mérite une attention spéciale; il s'agit de la «porte romaine», fort bien conservée, malheureusement enfouie presque entièrement dans le sol. Des fouilles exécutées sur ce point permettraient de découvrir des choses intéressantes. Les ruines les plus remarquables sont celles que les indigènes désignent aujourd'hui sous le nom d'Aïn-Béja; elles portaient , il y a peu de temps encore, l'appellation d'Aïn-Djehelia (la fontaine des païens). On y descend par vingt-sept marches en partie usées, conduisant à deux rangées d'arcades superposées, au fond desquelles sourd une eau limpide et fraîche qui va se perdre dans un égout romain.
De l'examen des remparts de Béja, auquel a procédé M. Bonjean, conducteur des Ponts et Chaussées, il résulte que l'ensemble de ces murailles est en très mauvais état et que la situation, pour quelques parties, ne saurait être prolongée sans compromettre gravement la sécurité publique.
Des lézardes de grandes dimensions, dit M. Bonjean, des matériaux énormes descellés de leurs alvéoles et saillants sur la voie publique, des déversements et des gonflements produits par la poussée des terres, tel est, pour les bastions surtout, l'état actuel. La réfection, si on voulait l'entreprendre, coûterait des sommes énormes, et il ne paraît pas possible de l'envisager, le but à atteindre étant hors de proportion avec les sommes à engager.»


La kasba n'a rien d'intéressant au point de vue archéologique, mais en jouit de ce point d'un beau panorama sur le bled de Béja. La ville européenne est quelconque et peu étendue; toutefois, des travaux importants y ont été exécutés depuis quelques années et Béja a été dotée de quelques bâtiments utiles, tels que le Conrôle civil, la Municipalité, les Postes et Télégraphes, la Justice de paix, le groupe scolaire, les Ponts et Chaussées, etc; on y a également crée plusieurs squares, et la Direction des Travaux publics a eu le bon esprit d'ouvrir de larges voies bordées d'arbres qui, en peu de temps, envelopperont la ville d'un beau rideau de verdure.
La population de Béja est d'environ 120.000 habitants:
- 250 français
- 1.000 étrangers (dont 800 Italiens)
- 400 juifs
- 10.000 musulmans