RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES SUR BEJA: SOMMAIRE

  1. SALLUSTE
 2. PLINE
 3. PLUTARQUE
 4. Silius Italicus
 5. Procope
 
6. Al-Bakri
 7. Al-Idrissi
 8. Mohamed El Abdery
 9. Léon L'AFRICAIN
 10.
MARMOL
11. Pierre d'AVITY
12. Laurent d'ARVIEUX
13. Thomas SHAW
14. Morcelli
15. Jean-André PEYSSONNEL

16. Henri DUNANT
17. Victor GUERIN
18. Albert de LA BERGE
19. le capitaine VINCENT (1883)
20. Henri SALADIN
21. René CAGNAT (1888)
22. René CAGNAT (1901)
23. René CAGNAT (1887)

24. Charles DIEHL
25. Edouard CHARTON
26. A. L. FROTHINGHAM Jr

27. Emile VIOLARD
28. Le capitaine Vincent
29. Elisée Reclus
30. Stéphane GSELL
31. Abbé Bonjean
32. Abbé NEU

33. Ammar MAHJOUBI
34. F. BONNIARD

28. Le capitaine Vincent: 1883

Le capitaine Vincent
* Remarque de
Emile VIOLARD: «Le capitaine Vincent tint garnison à Béja en 1884»
Extrait de : La Tunisie du Nord. Le Contrôle civil de Béja, par Emile VIOLARD
Publication: Tunis – 1905

 « Le capitaine Vincent, qui tint garnison à Béja (1884) peu après l'entrée de nos troupes dans la Régence, en donne la description suivante» :

« Béja est un amas de ruines sales et obscures, de maisons sombres, puantes, où sont entassés pêle-mêle gens et animaux. La ville actuelle comprend deux partie distinctes: la ville haute, entourée de l'ancienne enceinte, et qui est l'antique Vaga; la ville basse, moderne, bâtie par les Arabes et les Juifs, avec des matériaux pris dans l'ancienne cité. Le tout est entouré d'une espèce d'enceinte en mauvaise maçonnerie, percée de six portes. La kasba, ancien oppidum, est à deux cent cinquante-cinq mètres d'altitude; la ville se trouve en-dessous, à deux cent douze mètres seulement; ça et là, on rencontre des stèles funéraires, des fragments d'inscriptions, le tout plus ou moins mutilé et attestant les scènes de pillage et de dévastation par lesquelles Béja a dû passer.
La vieille ville est restée purement arabe; elle possède un cachet d'indigénat que l'on rencontre rarement ailleurs. Bâtie en amphithéâtre sur les pentes de la colline que couronne la kasba, les masures semblent crouler les unes sur les autres et un certain nombre d'entre elles sont encastrées dans les anciens remparts byzantins, dont une partie subsiste encore; vingt-trois tours la flanquent, et sur les murs des habitations misérables où se blottissent les petites industries de cette ruche bourdonnante, on relève de nombreuses inscriptions.
Une seule partie des remparts mérite une attention spéciale; il s'agit de la «porte romaine», fort bien conservée, malheureusement enfouie presque entièrement dans le sol. Des fouilles exécutées sur ce point permettraient de découvrir des choses intéressantes. Les ruines les plus remarquables sont celles que les indigènes désignent aujourd'hui sous le nom d'Aïn-Béja; elles portaient , il y a peu de temps encore, l'appellation d'Aïn-Djehelia (la fontaine des païens). On y descend par vingt-sept marches en partie usées, conduisant à deux rangées d'arcades superposées, au fond desquelles sourd une eau limpide et fraîche qui va se perdre dans un égout romain.
De l'examen des remparts de Béja, auquel a procédé M. Bonjean, conducteur des Ponts et Chaussées, il résulte que l'ensemble de ces murailles est en très mauvais état et que la situation, pour quelques parties, ne saurait être prolongée sans compromettre gravement la sécurité publique.
Des lézardes de grandes dimensions, dit M. Bonjean, des matériaux énormes descellés de leurs alvéoles et saillants sur la voie publique, des déversements et des gonflements produits par la poussée des terres, tel est, pour les bastions surtout, l'état actuel. La réfection, si on voulait l'entreprendre, coûterait des sommes énormes, et il ne paraît pas possible de l'envisager, le but à atteindre étant hors de proportion avec les sommes à engager.»