RECHERCHE DOCUMENTAIRE SUR BEJA:

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Jean-André PEYSSONNEL

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Jean-André PEYSSONNEL (1694-1759)
Titre : Voyages dans les Régences de Tunis et d'Alger
Publication : Paris. Gide, 1838

Nous arrivâmes le soir à Bège, après avoir traversé une petite rivière qui va se décharger dans le Bagradas.
Bège est une petite ville des plus considérables de ce royaume, située à 9 lieues S.S.E. du cap Nègre, à 16 lieues à l'Ouest de Tunis. Elle est triangulaire, bâtie sur un coteau en amphithéâtre. Une des pointes du triangle se trouve au haut du coteau, où il y a une espèce de château de peu de défense. La ville vient en s'élargissant vers une petite plaine. Elle est bâtie sur les débris de quelque ancienne ville. On trouve encore des lambeaux de vieilles murailles et, dans toute la ville, on voit des pierres écrites en caractères romains, mais la chaux qu'on passe dessus pour blanchir les maisons est cause qu'on ne peut lire les caractères.
Voici quelques inscriptions que j'ai pu déchiffrer. Sur une pierre, dans les murailles de la ville, près de la Fontaine:

D. M. S.
I. MAMNIVS PRIMVIVS
PIVS VIX. ANNIS LXXVII
H S E

Autre:

D. M. S.
MERSITANA PIA
VIXIT ANNIS XXXIII
H. S. E.

_____
M. JVLIO. M. TILIRB .....
DECVRIONI AEDJECTO EDORATI
SAC. ANN. XXIII .. PRAEFECTVS.
VR. DEC. II. VIR. QQ TEPPE ....
VICVM ORDO SPLENDIDISSIMVS
OB MERITA SVA STATVAM
P. P. FIERI DECREVISSET.
FELIX AVVNCVLO SVO MAGNO
PRO PIETATE SVA DATO IBI
APRODINE SVO S. P.
FECIT. D. D.

Sur un fragment de pierre:

MANIC. SARMAT. TRIB. POTEST XVI
ANI PART. ET DIVI. NER
SEPT. M. A VACANO

Dans la maison d'un juif, près le fondouk:

D. M. S.
M. TREBIVS RIBI
ANVS SILONIANS
TRIBVN. POPVLI VIXIT.
ANN. LVII.
S. H. I.

Dans une maison près d'une fontaine ancienne environnée de vieilles murailles, on trouve cette épitaphe:

D. M. S.
D. C. ANINIVS
C. E. FELIX PIVS
VIXIT ANN. LX.

Cette ville est très considérable par son commerce, principalement en blé, et par le séjour que le bey y fait pendant la campagne d'été. Il y a construit un bardou à quelque distance de la ville, accompagné d'un jardin assez joli et considérable pour le pays. Le camp des Turcs avance davantage du côté de l'ouest et va se placer dans la plaine de Bouzodière, le long de la rivière de Bagradas. De là, le bey envoie des détachements de ses troupes dans toutes les nations de son royaume pour retirer les tributs qui lui sont dus et qui sont répartis sur toutes les terres labourées qu'il fait enregistrer toutes les années.
Quoique ce pays ne soit pas un pays de plaines, il ne laisse pas de fournir une grande quantité de grains. Les côteaux sont très fertiles en blé et en orge; mais on ne trouve ici non plus que dans presque tout le royaume aucun arbre, excepté aux endroits où les Andalous sont établis.