RECHERCHE DOCUMENTAIRE SUR BEJA:

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MARMOL
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mini.gif (200 octets) René CAGNAT
mini.gif (200 octets) René CAGNAT (H. El Faouar)
mini.gif (200 octets) Emile VIOLARD
Le capitaine Vincent
mini.gif (200 octets) Elisée Reclus
mini.gif (200 octets) Morcelli
mini.gif (200 octets) Abbé Bonjean
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Le capitaine Vincent
Extrait de : La Tunisie du Nord. Le Contrôle civil de Béja, par Emile VIOLARD



 « Le capitaine Vincent, qui tint garnison à Béja peu après l'entrée de nos troupes dans la Régence, en donne la description suivante» :

« Béja est un amas de ruines sales et obscures, de maisons sombres, puantes, où sont entassés pêle-mêle gens et animaux. La ville actuelle comprend deux partie distinctes: la ville haute, entourée de l'ancienne enceinte, et qui est l'antique Vaga; la ville basse, moderne, bâtie par les Arabes et les Juifs, avec des matériaux pris dans l'ancienne cité. Le tout est entouré d'une espèce d'enceinte en mauvaise maçonnerie, percée de six portes. La kasba, ancien oppidum, est à deux cent cinquante-cinq mètres d'altitude; la ville se trouve en-dessous, à deux cent douze mètres seulement; ça et là, on rencontre des stèles funéraires, des fragments d'inscriptions, le tout plus ou moins mutilé et attestant les scènes de pillage et de dévastation par lesquelles Béja a dû passer.
La vieille ville est restée purement arabe; elle possède un cachet d'indigénat que l'on rencontre rarement ailleurs. Bâtie en amphithéâtre sur les pentes de la colline que couronne la kasba, les masures semblent crouler les unes sur les autres et un certain nombre d'entre elles sont encastrées dans les anciens remparts byzantins, dont une partie subsiste encore; vingt-trois tours la flanquent, et sur les murs des habitations misérables où se blottissent les petites industries de cette ruche bourdonnante, on relève de nombreuses inscriptions.
Une seule partie des remparts mérite une attention spéciale; il s'agit de la «porte romaine», fort bien conservée, malheureusement enfouie presque entièrement dans le sol. Des fouilles exécutées sur ce point permettraient de découvrir des choses intéressantes. Les ruines les plus remarquables sont celles que les indigènes désignent aujourd'hui sous le nom d'Aïn-Béja; elles portaient , il y a peu de temps encore, l'appellation d'Aïn-Djehelia (la fontaine des païens). On y descend par vingt-sept marches en partie usées, conduisant à deux rangées d'arcades superposées, au fond desquelles sourd une eau limpide et fraîche qui va se perdre dans un égout romain.
De l'examen des remparts de Béja, auquel a procédé M. Bonjean, conducteur des Ponts et Chaussées, il résulte que l'ensemble de ces murailles est en très mauvais état et que la situation, pour quelques parties, ne saurait être prolongée sans compromettre gravement la sécurité publique.
Des lézardes de grandes dimensions, dit M. Bonjean, des matériaux énormes descellés de leurs alvéoles et saillants sur la voie publique, des déversements et des gonflements produits par la poussée des terres, tel est, pour les bastions surtout, l'état actuel. La réfection, si on voulait l'entreprendre, coûterait des sommes énormes, et il ne paraît pas possible de l'envisager, le but à atteindre étant hors de proportion avec les sommes à engager.»